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Le henné reste une composante majeure
dans les rites qui ponctuent la vie des marocains mais surtout des marocaines.
Car, si elle est l'apanage des femmes, il n'en demeure pas moins que l'enfant de
sexe masculin y trempe les mains à une phase cruciale de sa vie à savoir, le
moment de la circoncision. Néanmoins, il ne s'agit là que d'un badigeonnage
unique contrairement à la fille qui se pliera à ce cérémonial au cours de
différentes étapes de sa vie de femme.
Le début de la jeune fille
marocaine avec le henné se fait très tôt. D'abord bébé et ensuite lors des
cérémonies de circoncision de ses frères, cependant, le moment où son
usage prend le plus d'importance reste la fête du mariage, car tout un rituel se
décline inhérent au caractère de légende, de mysticité et de croyances qui ont
accompagné au fil des siècles aussi bien cette fête que la plante magique.
Le henné constitue aussi un instrument de séduction et un élément
incontournable de la parure de la mariée. Et si dans les campagnes marocaines la
tendance est toujours au badigeonnage lors du mariage, dans le milieu citadin
c'est le N'kich qui l'emporte. Toute une soirée est réservée à la pose de
dessins. Les mains et les pieds de la mariée deviennent ainsi non seulement un
espace plastique mais un champ fertile pour l'exploration ethnologique vu la
richesse des signes et des formes, le henné est également présent dans
d'autres étapes essentielles de la vie des femmes: celle de la procréation et de
la fin du deuil qu'elles portent pendant quatre mois et dix jours à la suite du
décès du mari.
Ainsi, chaque étape a son propre cérémonial au niveau de
la pose du henné. Parfois, ce rituel traduit le non-dit, le refoulé notamment
lors des cérémonies de transe collective L'Hadra et J'dba, à titre d'exemple.
Mais aussi lorsque la plante moulue et préparée est donnée en offrande aux
Saints, censés être investis de pouvoirs surnaturels et que les femmes de tous
les âges approchent sollicitant leur intervention ou une faveur, le henné reflète, également, le lien du patrimoine avec la mémoire, ses
représentations, ses sources d'inspiration et avec les composantes
socioculturelles de la société.
Quel que soit l'objectif qui préside à son
utilisation, le henné est intimement lié à l'histoire du Marocain. Ce dernier à
l'aise dans son appartenance identitaire l'assume et en fait un domaine
d'exploration artistique en perpétuelle innovation pour l'adapter, chaque fois
que nécessaire, et l'incruster, comme d'autres traditions, dans la modernité
tout en préservant l'essence de ce patrimoine et ses spécificités culturelles.
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